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October 26, 2005

La Presse va dans le mur

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amo@emakina.fr

Je discutais récemment avec des amis journalistes et la conversation tournait autour des idées que j’avais développé dans mon billet le net est invisible. Ils sentent que quelque chose se passe, mais ça les dépassent et ils préfèrent rester au niveau de ce qu’ils savent faire.
La Presse va mal,mais elle ne fait rien de sérieux pour s’adapter aux réalités numériques (je dis bien réalités), c’est triste et même effrayant quand on respecte et reconnaît son rôle essentiel ne serait-ce que du point de vue démocratique.
Il y a en effet des choses qui ne trompent pas sur ce que l’on prendra avec affection pour un mélange d’ignorance et de naïveté, même si cela prend plutôt l’allure d’un comportement d’autruches. Comment considérer les choses autrement à l’aune des constats suivants ?


Que les revues de presse n’intègrent strictement rien qui provienne du réseau est révélateur, mais ce qui l’est encore plus c’est quand il y a une grève et que les journaux ne sont pas là. Croyez-vous qu’elles se reporteraient au moins sur les versions en ligne des journaux habituels ? Et bien non, il n’y a tout simplement pas de revue de presse !
Que doit-on en penser ? Il n’y a peut-être pas d’ordinateur sur le bureau du journaliste car s’il y en avait un il aurait de sacrés chances d’être connecté au réseau. Non, plus sérieusement, cela est représentatif d’un monde qui ne veut pas prendre en compte ce qui monte autour de lui, qui préfère l’ignorer et rester avec ses codes et convenances.
Innovation Tribune évoquait la semaine dernière la refonte du Figaro. À l’heure où on nous parle des difficultés de la Presse, quand nos députés fourbissent des projets de loi parlant de nouvelles aides publiques, les titres enchaînent des refontes qui ne portent que sur le papier, comme il y a 30 ans. Changer le format, mettre plus de couleur et de photos relève d’une action à la marge et on ne voit donc pas ce que ça va changer sur le fonds.
Où est la rénovation d’un modèle économique centré sur le papier, alors qu’on aimerait au minimum un abonnement couplé facilitant l’accès aux archives (tel Courrier International), une formule uniquement web (Les Echos), du RSS et surtout de l’interactivité (quelqu’un a des exemples ?). Il y a bien quelques pionniers, mais le contenu n’est que trop peu en intégration avec le réseau et son contenu. Trop peu de liens, pas de fils de commentaires un tant soit peu managés (quand il y en a c’est la fête à neuneu), pas de trackback possible. Ça serait une idée que l’abonnement permette d’ouvrir sa gueule dans son journal, non ?
Comme le dit Innovation Tribune,

“La numérisation de l’information et internet sont gérés comme des menaces, des effets secondaires embarrassants du progrès, mais pas des occasions de refondre l’activité pour mieux répondre aux besoins des lecteurs”.

Emmanuel Parody ne dit pas autre chose dans sa tribune sur ZDNet, mais offre un effarant point de vue sur un secteur perdu dans ses contradictions à essayer de trouver des solutions où il n’y en a pas.
Le problème de fonds de la presse, c’est celui d’à peu près tous les secteurs économiques qui sont confrontés à un moment où un autre à l’irrémédiable montée en charge des usages numériques. Dans le fonds, elle a un comportement banalisé et comme les autres, pour ce qui est de la prise en compte réelle de la société de l’information, au-delà de quelques pionniers, on attend encore d’y trouver le signal d’un mouvement de masse.
Que doit-il se passer pour que ça bouge ? Sans doute que la réalité inflige une bonne paire de claques. Au titre des contenus, la Presse ferait bien de regarder celle qu’a reçu l’industrie de la musique, dont le modèle économique trop longtemps basé sur les supports physiques et son autisme du numérique l’ont mise aux aboies, dépassée par les nouvelles pratiques numériques de ses clients et de nouveaux joueurs.
Ce n’est pas en ignorant la réalité de l’avènement des usages numériques que la presse va entrer dans le XXIe siècle. Ses lecteurs passent à d’autres usages et la consommation de journaux baisse, notamment auprès des nouvelles génération. L’autre jour, on apprenait qu’un tiers des ados britanniques avaient un blog et que SkyBlog dépassait les 3 000 000 de blogs.
Comme une illustration du problème, ce sujet est développé ici et là en ligne, le papier en parle nettement mois.
On mettra tout cela en perspective des propos de Ruppert Murdoch et du débat qu’ils suscitent ailleurs et assez peu ici. De même avec les nouveaux modèles économiques et de confiance. Je pense aussi à Jeff Jarvis qui disait récemment que comme journaliste et média il fallait arrêter de se penser omniscient.
Il n’y a pas de mystère, si la presse veut s’en sortir, elle doit révolutionner son modèle et inverser les modes. Ce n’est pas le service en ligne en complément du papier, c’est exactement l’inverse. Il est urgent d’innover !

Cyrille

>>mais Steve Jobs est un visionnaire..
Sincèrement je commence à en douter… et c’est très réducteur de résumer Apple à Steve Jobs

Cyrille

>est un gestionnaire de tout premier ordre, un excellent vendeur, >mais pas un visionnaire.
+1

iPhilou

> Sincèrement je commence à en douter… et c’est très réducteur de résumer Apple à Steve Jobs
Ben disons que du temps où Jobs n’était pas aux commandes, Apple a frôlé la faillite.
Depuis le retour de Jobs en 97 on a eu quoi ?
* iMac bonbon, succès planétaire
* iPod, succès planétaire
* MacOSX, système d’exploitation neuf et moderne, à des années lumières d’XP et en avance sur Vista qui n’est même pas sorti
* des bénéfices records
* un CA en constante hausse.
J’aimerai avoir des résultats pareils en 7 ans 🙂 et je pense que tout entrepreneur en souhaite autant pour son bébé, sa société.
Alors c’est certainement réducteur de résumer Apple à Jobs, mais Apple sans Jobs serait une société fermée depuis 5 ans.
Jobs est un visionnaire, j’en suis convaincu.
Il sait anticiper les besoins des gens et convertir des idées simples en produits simples.
Apple lance des produits/modes/concepts avant que le grand public ne se l’approprie (souris, interface graphique, WiFi, lecteur MP3, USB, PDA, consoles de jeux, ordinateurs portables, etc…).
Tout n’a pas marché, mais c’est là aussi le propre de l’innovation.
Microsoft et Gates sont à l’inverse de cette logique.
Microsoft rachète quand le public s’est approprié la technologie, elle n’anticipe pas, elle réagit.
Je ne dis pas que c’est moins bien ou mieux, ce n’est pas la même approche.
Le propre d’un grand entrepreneur (et là Jobs et Gates se rejoignent) ce n’est pas seulement d’être bon individuellement, c’est aussi et surtout de savoir bien s’entourer, même si c’est discret.
Et ça Jobs sait le faire.
Cette fois-ci, c’est vraiment fini le HS (je suis intarissable sur Apple, sans être aveugle et en leur reconnaissant des erreurs colossales, il faut que je me limite, sinon je vous en ponds 3 pages 😉 )

Jean-Luc Grellier

Bon, je veux bien admettre alors que BG est visionnaire en terme de marketing (car il y a des visionnaires à tous les niveaux)… mais que ce n’est pas un visionnaire au sens général du terme : ok !
Très drôle d’aller lire ça surle Monde… 😉
Quand je lis dans cet interview de July, que certains journalistes sont pour et d’autres contre… bla bla bla ça m’énerve, c’est comme être pour ou contre l’arrivée de l’ordinateur… comme si ces messieurs les journalistes avaient un quelqueconque effet sur le net… ils feraient bien de faire attention : http://www.jlgrellier.net/index.php?2005/10/26/144-la-presse-dans-la-societe-de-l-information
Cet article est vraiment nul, on y sort des grands mots (bimédia) pour en fait, parler de méthodes ancestrales… bof bof bof…
Tout cela mélangé avec les réticences des journalistes, des syndicats : des néo conservateurs en fait… nous donne un joyeux pudding pas très fashion.
La phrase du jour, ça va sans dire est à mettre à du directeur de la rédaction de libé : “… Libération est considéré comme un quotidien magazine, nous allons en faire un magazine quotidien.” : bravo !!! et ils avalent ce genre de prose à 1€ : exceptionnel !
Bon en fait dans ce papier, j’ai nettement l’impression que Le Monde est là pour montrer le brouillard dans lequel entre libé et nous asséner à chaque paragraphe son petit nous au Monde on fait plutôt comme ça et c’est mieux…. na na nèreuuu
La vraie information dans tout ça c’est bien le dernier paragraphe qui nous donne quelques chiffres intéressants pour le Monde, et notamment que le site a permis de recruter 7 500 abonnés pour le quotidien.